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Ajouté le 1er janvier 2011

Vu sur http://www.leparisien.fr

ÉVRY
VIDEOS. L’histoire du dernier concert de Noir Désir
Il y a tout juste huit ans, 600 privilégiés assistaient à un concert aux Arènes de l’Agora d’Evry. Un show qui restera dans l’histoire du rock français comme le dernier de Noir Désir.

|JULIEN HEYLIGEN | 08.12.2010, 07h00


14 DÉCEMBRE 2002, ARÈNES DE L’AGORA D’ÉVRY. Le groupe au complet avait donné un concert exceptionnel. L’événement avait été organisé en catimini et pour ce moment qui deviendra historique, seulement 600 personnes ont été conviées.
(DR.)

 

Bertrand Cantat au chant, Denis Barthe à la batterie, Serge Teyssot-Gay à la guitare et Jean-Paul Roy à la basse. Noir Désir au grand complet. Une image du passé. Le groupe a annoncé sa séparation il y a une semaine. Les derniers à avoir vu sur scène cet emblème du rock français resteront donc ceux présents à Evry un soir de décembre 2002, aux Arènes de l’Agora.

Noir Désir conclut alors en Essonne la tournée « Des visages, des figures », du nom de leur dernier album. Quelques mois plus tard, Bertrand Cantat tuait sa compagne, l’actrice Marie Trintignant. Le concert d’Evry, destiné à la télévision, est sorti dans un DVD, « Noir Désir en images », retraçant cette soirée inoubliable. « Ils ont répété pendant trois jours, se souvient Thierry Peyre, directeur technique des Arènes à l’époque. Canal + cherchait un lieu pour enregistrer. Ils avaient des problèmes de locaux. »

Une fan : «Avec le recul, c’était vraiment un moment historique»

Un événement organisé en catimini. « Tout a été fait dans le plus grand secret. Le groupe était à son apogée. Si cela s’était ébruité, il y aurait eu une émeute », poursuit Thierry Peyre. Seuls 600 privilégiés sont conviés, exclusivement sur invitation. Parmi eux Dorothée, une fan qui habite aujourd’hui à Nantes (Loire-Atlantique). « Avec le recul, c’était vraiment un moment historique », lance-t-elle.
Quelques applaudissements, un simple « bonsoir » murmuré par Bertrand Cantat. Le concert démarre par une intro acoustique ponctuée de cris gutturaux et d’incantations du chanteur, sous une lumière rouge, dans une ambiance chamanique. La scène, épurée, est dissimulée par un voile noir transparent qui se lève à la première chanson, « Si rien ne bouge ». Seule originalité, dans le fond, un quatuor à cordes. Suivent « Pyromane » et « Septembre en attendant » sur laquelle des écrans blancs apparaissent. Le groupe est souriant, concentré, sûr de sa puissance. Mais fatigué. « Sur la vidéo, on voit le pouce de Bertrand Cantat en sang à force de jouer de la guitare », précise le directeur technique.

Les premières envolées rock résonnent sur « les Ecorchés ». Dans la salle essonnienne, pas de pogos dantesques ou de hurlements en pleine chanson. Le public d’Evry est sage, applaudit et bat la mesure juste quand il faut. « Il n’y avait pas que des fans purs et durs. C’était moins dingue que d’habitude », se souvient Dorothée. Le premier moment de folie surgit pour « Tostaki » et son inoubliable refrain, « soyons désinvoltes, n’ayons l’air de rien »… «Le vent nous portera » apaise l’atmosphère de sa douce mélodie, avant une reprise de « Des armes », de Léo Ferré, référence dans l’engagement pour le groupe. « Comme elle vient » clôt le concert. Le voile noir retombe. Avec le temps, il évoque aujourd’hui un crêpe de deuil. Les musiciens rampent en dessous pour saluer leur public. Pour un dernier au revoir. Il s’agissait d’un adieu.

 


Dernière modification le 16/09/2013 à 22:17


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